Jean-Christophe Chanjou, fondateur d'APAr, a annoncé ce jeudi sur BFM Business qu'il renonçait au projet de reprise de Duralex. L'annonce tombe le jour même où la date limite pour déposer des offres de reprise est fixée, ce jeudi 6 août à midi.

Le dirigeant justifie sa décision par l'ampleur des investissements nécessaires pour remettre à niveau l'outil industriel du verrier. « C'est un projet qui m'a fait rêver mais il faut complètement réinvestir le processus industriel, le repenser, le rééquiper, aujourd'hui le chargement des containers se fait à la main, c'est fou. La masse d'investissements pour mettre à niveau l'outil existant est tellement énorme que ça nous paraît », explique-t-il. « Je n'ai pas les clés aujourd'hui pour aller sur ce projet », ajoute-t-il. Il évoque également un critère de viabilité qu'il juge non tenable avec ses moyens actuels : « Le critère fondamental, c'est la viabilité, est-ce que je peux tenir mes engagements, payer les salaires, mes créanciers. Aujourd'hui, les hypothèses que j'ai faites pour sortir l'entreprise de l'eau me semblent avec mes moyens pas réalisables », tranche-t-il.

Un cinquième redressement en une vingtaine d'années

Fondée en 1945 et connue pour ses verres réputés incassables, Duralex traverse une situation de trésorerie tendue, qui a entraîné le lancement d'un audit par l'État puis l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire en juin. Deux ans après sa reprise en coopérative par ses salariés, l'entreprise connaît son cinquième redressement judiciaire en une vingtaine d'années.

Duralex a terminé l'année avec un chiffre d'affaires autour de 30 millions d'euros. Or, selon François Marciano, ancien directeur général de la Scop, depuis remplacé par Peggy Sadier en intérim, il faudrait franchir un seuil bien plus élevé pour redresser la barre: « Pour sauver Duralex, il faut passer cette barre de 35-36 millions d'euros qui permet d'être à l'équilibre », avait-il déclaré en octobre.

Deux candidats encore en lice

Avec le retrait d'APAr, a priori deux candidats restent en lice pour la reprise. Le groupe stéphanois Carlesimo, spécialiste de la reprise et du redressement d'entreprises industrielles stratégiques, figure parmi eux. Selon France Inter, Cédric Meston, cofondateur de la start-up HappyVore et à qui l'on doit le rachat de Tupperware France, serait également sur les rangs.