L'action GXO a chuté de plus de 10 % mercredi, après la publication de ses résultats du deuxième trimestre. Le repli intervient malgré une croissance commerciale que le groupe qualifie de la plus forte de ses trois dernières années.
GXO a enregistré une hausse de 34 % de ses nouvelles affaires commerciales sur la période, pour un total de 410 milliards de dollars de nouveaux engagements. Le revenu du trimestre s'est établi à 3,4 milliards de dollars, en hausse de 4,3 %. Mais la marge d'EBITDA ajusté est restée stable à 6,4 % du chiffre d'affaires total, signe des pressions qui pèsent sur la rentabilité malgré le dynamisme commercial.
Un écart de marge à combler
Le PDG Patrick Kelleher a reconnu la difficulté publiquement. « Nous sommes très concentrés sur la réduction de cet écart pour surpasser la performance de nos pairs », a-t-il déclaré lors de la conférence sur les résultats de mercredi. Le directeur financier Mark Suchinski a de son côté déclaré : « Des signes de reprise vont apparaître au quatrième trimestre, puis cela s'accélérera en 2027. »
GXO a précisé avoir déjà sécurisé 1 milliard de dollars de revenu incrémental pour 2026, ainsi que 353 millions de dollars de revenu pour 2027. Environ 40 % des nouvelles affaires remportées proviennent de verticales stratégiques telles que l'aérospatiale, la défense, la technologie, les centres de données, l'industrie et les sciences de la vie. Le plus gros contrat du trimestre a été conclu avec un nouveau partenaire décrit comme un grand « hyperscaler », opérateur d'infrastructures de centres de données à grande échelle. Le groupe a par ailleurs étendu ses relations avec Nike et Marks & Spencer.
Automatisation et intégration en cours
GXO prévoit de déployer 20 000 robots dans son réseau logistique en 2026 et compte à ce jour 45 pilotes incluant des robots humanoïdes. Le groupe n'a toutefois aucun robot humanoïde prévu pour la production cette année. Kelleher a jugé cette échéance « probablement à deux ans », tout en assurant que « les robots humanoïdes figureront absolument dans nos solutions ». Un test supplémentaire incluant des humanoïdes doit être lancé en Europe prochainement.
Sur le volet logiciel, le système d'exploitation IA GXO IQ reste sur la bonne voie pour être déployé sur 50 sites en 2026, avec une accélération attendue tout au long de 2027. Kelleher a expliqué que le groupe regroupe ses agents d'IA propriétaires en vagues de produits reproductibles, en commençant par la prévision, le réapprovisionnement et l'optimisation du picking, déployés sur des sites connectés plutôt que reconstruits un par un. Il a ajouté que ces gains contribueront de manière significative à l'amélioration de la productivité opérationnelle, notamment dans le picking entrant et sortant ainsi que dans la planification de la main-d'œuvre. Le PDG a toutefois reconnu que le groupe n'a pas encore obtenu de retour sur investissement sur cette technologie.
Côté intégration, l'absorption de Wincanton est achevée à environ 90 %, et GXO reste sur la bonne voie pour atteindre 60 millions de dollars d'économies annuelles d'ici la fin de 2026 grâce aux opérations combinées.
La direction du groupe basé à Greenwich, dans le Connecticut, a indiqué que le détail du plan d'expansion des marges sera présenté lors de sa journée investisseurs, prévue le 16 novembre.
